Malaise boursier d’Edf

En quoi pouvons-nous employer l’expression de malaise boursier d’Edf ?

D’abord en observant la chronique depuis le début, il y a 5 ans, du mandat qui s’achève ‎: sous Henri Proglio, seul mandataire social de Edf sa, le cours a battu son record de faiblesse (13,390 €), a baissé de 22 % (à rebours du Cac 40 qui augmentait de 20 %), et n’a jamais rattrapé le niveau d’introduction de 32€.

Ensuite, on note un mouvement perpétuel de yoyo qui semble traduire ‎de la part des investisseurs une prise de risque très calculée suivi d’une prise de bénéfices modeste mais sans traîner.

Manifestement, le mandataire social unique d’Edf n’inspire pas confiance et tout repose sur la capacité de l’entreprise Edf elle-même à surmonter la gestion dont elle fait l’objet.

Enfin, concernant la dernière période, il est à noter que selon certains observateurs financiers trois informations affecteraient le cours de bourse d’Edf : tarifs, surcoûts de sûreté nucléaire, cession d’une part de capital par l’Etat. Regardons-y de plus près.

Ces trois explications se décomposent en deux platitudes et une fausse nouvelle.

  1. Première platitude : le gouvernement comme le médiateur national de l’Energie sont contre les hausses de tarifs; les ministres et les médiateurs successifs ont eu, ont et/ou auront des électeurs qui sont aussi des consommateurs d’électricité. Rien de nouveau sous le soleil de la République depuis 1848 ou 1870.
  2. Deuxième platitude : le coût de la sûreté augmente suite à la catastrophe du Fukushima. En voilà une nouvelle ! Mais, tant qu’on y est, n’oublions pas les observations des autorités  de sûreté française, britanique et finlandaise sur l’Epr il y a deux ans.  J’ajoute, en pesant mes mots et en promettant de revenir sur ce sujet ici, qu’il n’y a pas de survie du nucléaire possible sans un nouveau pacte de confiance avec l’opinion fondé d’abord et avant tout sur la sûreté : c’est la raison pour laquelle il faut sortir de l’inertie qui a caracterisé le mandat qui s’achève en matière nucléaire, et dont attestent entre autres les mauvais chiffres de productivité de nos centrales.
  3. Enfin la fausse nouvelle : le gouvernement vendrait une part du capital alors qu’il s’époumone à démentir. Rappelons que l’Etat comptabilise Edf au moins à 32 €, cours d’introduction, tandis que la cession devrait se faire au cours d’aujourd’hui, c’est-à-dire à 26/28.

Le malaise boursier d’Edf  résulte donc de la mauvaise gestion qui a caractérisé le mandat qui s’achève (cf éditorial du 28 mai 2014 sur bernardbrun.fr ;) et non des platitudes et fausses nouvelles qui circulent.

Mais à toute chose malheur est bon : le malaise boursier d’Edf présente au moins l’avantage de mettre enfin en lumière le bilan négatif  du mandat présidentiel finissant, de pouvoir entraîner le non renouvellement en septembre de son titulaire et de permettre par conséquent le redressement, qui peut être rapide, d’Edf‎ et de son cours de bourse. Sur ce redressement aussi, on s’en doute, nous reviendrons prochainement.

Bernard Brun, ce dimanche 15 juin 2014.