La Lettre A – Brun tacle Proglio

29/05/2014

Brun tacle Proglio

Si le mandat d’Henri Proglio, le PDG d’EDF, ne prend fin qu’en novembre, les manœuvres pour sa succession ont déjà commencé. Parmi les premiers à dégainer publiquement : Bernard Brun, parti en délicatesse de l’énergéticien en 2013 et candidat à la présidence du groupe. Les propos de la ministre de l’écologie Ségolène Royal, dans le cadre des travaux de la commission d’enquête sur les coûts de la filière nucléaire, lui ont ainsi fourni l’occasion rêvée de dresser le bilan du patron d’EDF. Entendue à l’Assemblée le 21 mai, la ministre s’est prononcée contre les augmentations tarifaires de l’électricité, réclamées par Henri Proglio. Résultat : un recul de près de 5% du cours de bourse d’EDF !

Baisse - Pour Bernard Brun, pas de doute : cette chute témoigne de la défiance des marchés vis-à-vis de l’opérateur public. Et de citer quatre chiffres : 100,1 milliards d’euros de dette brute ; 11% de hausse des coupures de courant en 2013 (hors événements climatiques exceptionnels) ; un taux de productivité du parc nucléaire de 79%, soit le même chiffre qu’à la prise de fonction d’Henri Proglio en 2009 ; enfin, un cours de bourse qui a baissé de 30% en cinq ans, soit une perte de valorisation de 25 milliards d’euros en quatre ans. Conclusion de Bernard Brun sur son blog (bernardbrun.fr) : « s’accrocher à des augmentations tarifaires qui pénaliseront les industries et les consommateurs est suicidaire pour l’économie française que l’on veut relancer, mais aussi pour EDF dans son rapport à ses clients. »

EDF : guerre de succession pour l’après-Proglio

Extrait de l’article de Caroline Michel, Publié le 17-09-2013

L’homme a de l’aplomb. Et l’envie d’en découdre.

« Je suis candidat à la succession d’Henri Proglio à la tête d’EDF dans un an »,

nous déclare Bernard Brun, 57 ans. Cet ancien collaborateur de Raymond Barre est entré en 1995 à EDF où il a été directeur des affaires publiques puis délégué général. Il a été licencié, le 26 mai dernier. « Cela a été une exécution sans préavis », lâche Brun qui a saisi les prud’hommes. Dans sa lettre de licenciement, que « le Nouvel Obs » a consultée, la direction d’EDF lui reproche d’avoir « épuisé ses responsables successifs » par « un comportement de rupture vis-à-vis de la société ». Brun, lui, a le sentiment que sa mise à l’écart est destinée à « faire taire les voix discordantes en interne ». « Je veux animer le débat sur la stratégie d’EDF qui est à reconstruire », dit-il.

Proche d’Hubert Védrine et de Jean-Paul Huchon, Bernard Brun a écrit début septembre à François Hollande – pour lequel il a appelé à voter – afin de demander sa réintégration. S’il est difficile d’évaluer ses chances d’aboutir, cette candidature lance la guerre de succession à la tête d’EDF. Le remplacement d’Henri Proglio, dont le mandat arrive à échéance en novembre 2014, agite les allées du pouvoir depuis juin. « Proglio teste l’idée de demander son renouvellement », confie un conseiller de gouvernement, qui n’exclut pas une possible reconduction…